Bonjour, Capucine et Lyvanne. Vous êtes producteurs d’huiles essentielles et d’hydrolats, passionnés par votre métier et votre savoir-faire.

Tout d’abord, MERCI de nous faire découvrir des huiles essentielles d’une qualité exceptionnelle, que j’ai moi-même testé et réellement apprécié. Les petits producteurs et distillateurs mettent toute leur énergie et leur passion pour faire sublimer les Reines de la Nature…

Pouvez-vous nous décrire en quelques lignes votre passion ?

Amoureux de la nature, il était évident pour nous de vivre et travailler en harmonie avec ce qui nous entoure : une faune et une flore exceptionnelles, quand on prend le temps de les observer et les respecter. Nous prenons plaisir à exercer notre métier de producteur-distillateur en donnant du sens à chacune de nos actions quotidiennes.
Ce qui nous passionne, c’est d’être acteur de l’ensemble du processus de fabrication de nos huiles essentielles et hydrolats, et de l’être de manière libre. Nous choisissons chacune de nos actions, à chaque étape, en prenant en compte nos aspirations, nos valeurs, notre environnement, les problématiques rencontrées, la demande… Aucune journée ne ressemble à une autre ! Et puis, quel plaisir de pouvoir s’accorder quelques instants de pause en écoutant le chant du rossignol qui vient d’arriver, alors que nous étions en train de désherber ! ?

Vous travaillez de manière extraordinairement autonome, jusqu’à produire votre bois pour la distillation.

Vous maîtrisez le processus de fabrication de A à Z, ainsi que la commercialisation, ce qui doit vous demander énormément de travail, étant donné la quantité de matière première pour fabriquer un litre d’huile essentielle?

 

Effectivement la production d’huile essentielle nécessite un volume important de matières premières. Suivant l’espèce de la plante il nous faut entre 200 à 2000 kg de matières fraîches pour obtenir un litre d’huile essentielle. En tant que petit producteur nous avons obtenu 1000 kg de plantes fraîches en 2019, ce qui nous a permis d’obtenir un peu moins de 2 litres d’huile essentielle.
Maîtriser le processus de fabrication de A à Z est un choix que nous ne regrettons pas, mais il est vrai qu’il demande beaucoup de temps, d’efforts et de capacité à s’organiser. D’autant plus que Capucine n’est qu’à temps partiel sur l’exploitation car elle occupe un emploi en parallèle.
Nous souhaitons être le plus autonome possible dans notre activité : l’hiver nous produisons notre bois qui servira de combustible pour la distillation ; Nous avons une serre où nous reproduisons principalement nos plants par bouturages et semis ; L’eau du puits de la ferme est utilisée pour le refroidissement de l’alambic ; Nous avons créé nous-même note site web et la plupart des outils de communication, etc…

Que pensez-vous des différentes qualités d’huiles essentielles que l’on peut trouver aujourd’hui  ainsi que des différents labels d’agriculture biologique ? Y’a-t-il des labels plus qualitatifs que d’autres ?

 
Plusieurs paramètres sont à prendre en compte pour juger de la qualité d’une huile essentielle, faut-il encore avoir les informations disponibles. Car aujourd’hui on trouve de tout en matière d’huile essentielle, sans en connaitre l’origine, la méthode de distillation, le lieu de distillation, le stade de récolte de la plante (avant/après floraison, etc..), la partie de plante distillée, voire même la variété ou le chémotype de la plante.
Pour nous, une huile essentielle de haute qualité doit répondre aux critères suivants : être 100% pure et naturelle (C’est à dire sans ajout de quelconque matière huileuse et issu d’un organe végétal), issue de plantes cultivées en agriculture biologique, produite par une distillation à la vapeur d’eau, distillée dans les heures suivants la récolte (sauf plantes particulières qui nécessitent préfanage),
répondre à la monographie de la plante qui donne des intervalles sur les quantités de molécules qui doivent être présentes dans l’huile essentielle.
En ce qui concerne les labels bios, les labels Agriculture Biologique (qui est aujourd’hui un label européen : la feuille en étoiles blanches sur carré vert), Nature et Progrès et Demeter sont des valeurs sûres pour des produits d’origine agricole. Le label le plus connu est l’AB, mais il reste le moins restrictif de tous les labels bio existants. Ainsi un produit labellisé AB n’est pas forcément éthique, d’origine France etc., … il est donc utile de croiser les informations afin de juger de la qualité du produit.

Qu’en est-il de la qualité des HE non issus de l’agriculture biologique ?

Comme dit précédemment, une quantité importante de matières végétales est nécessaire pour obtenir de l’huile essentielle. Ainsi, on peut imaginer que des huiles essentielles produites à partir de plantes non cultivées en agriculture biologique contiendront des pesticides en conséquence du volume de plantes distillé. En effet, la plupart des molécules chimiques présentes dans les produits phytosanitaires utilisés par les producteurs non bios, sont transportées par la vapeur d’eau lors de la distillation, au même titre que les molécules aromatiques.

Vous êtes impliqués dans la conservation des semences paysannes bressannes.

Les ventes de semences ont grimpé en flèche depuis le début de la pandémie, rendant vulnérable les disponibilités dans les années à venir.

Que pensez-vous du danger du marché des semences au niveau mondial, malheureusement tenu par une poignée de multinationales ?

C’est un vaste sujet … les graines sont le début de la vie d’un végétal, elles sont sources de nourriture et de biodiversité pour tout être vivant depuis toujours. Par conséquent elles sont devenues un vrai trésor pour l’humanité. Les multinationales qui ont sélectionné et créé des variétés de semences hybrides pour la plupart (non reproductibles), veulent tirer profit d’un élément indispensable à tout être vivant. D’autre part, il existe de nombreuses associations locales de préservation des semences et du patrimoine génétique. Depuis des siècles nous cultivons des légumes, céréales, fruits, etc… et ces arbres/arbustes/plantes se sont adaptées à leurs territoires/climats/ravageurs, etc… ainsi les semences locales et vieilles variétés sont plus résistantes aux diverses attaques et ne nécessite par conséquent pas ou peu de traitements. Nous sommes fiers de pérenniser certaines variétés de semences paysannes bressannes sur nos terres (pommes Croque de Bresse, piment de Bresse, maïs Bardot de Bresse…etc.).

En tant que thérapeutes et formateurs en aromathérapie, que pouvons-nous faire à votre niveau afin de pérenniser et de protéger la qualité des huiles essentielles que nous proposons?

En sensibilisant le public aux paramètres jugeant d’une haute qualité d’huile essentielle. En vous informant sur les pratiques des fournisseurs que vous choisissez, en rencontrant des producteurs et des distillateurs de plantes médicinales … En sensibilisant sur l’utilisation de ces produits ultra concentrés et savoir parfois orienter vers d’autres formes moins puissantes : par exemple les hydrolats.

Que pensez-vous de l’utilisation des huiles essentielles pour le nettoyage/parfum dans la maison ?

Nous venons de le dire, les huiles essentielles sont des produits ultra concentrés et leur utilisation doit donc être réfléchie et encadrée. Pour nettoyer ou parfumer la maison les hydrolats sont des produits tout à fait appropriés. Ils peuvent être mélangés avec d’autres corps aqueux (vinaigre blanc par exemple) ou diffusés dans la maison avec un spray. La diffusion d’une huile essentielle dans la maison via un diffuseur spécifique doit rester un acte exceptionnel, en évitant la présence des enfants en bas âge, animaux et personnes fragiles.
Merci, nous pouvons vous retrouver sur votre site internet : https://a-mon-sens.com/
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🎁 1 lot à gagner🎁 (offerts par A mon sens)
– 1 flocon d’huiles essentielles de menthe poivrée (d’une valeur de 11,50€)

Vous avez jusqu’au dimanche 14 minuit pour jouer !