Par Léandro Castro
La loi n° 15 377 du 2 avril 2026 instaure de nouvelles responsabilités pour les entreprises en matière de promotion de la santé de leurs salariés. En modifiant le CLT, la règle rend obligatoire la diffusion d'informations sur les campagnes de vaccination et la sensibilisation au virus du papillome humain (VPH) et au cancer du sein, du col de l'utérus et de la prostate.
La nouvelle loi introduit deux compléments principaux au CLT, dans le but d'utiliser le lieu de travail comme vecteur d'information de santé publique. Le point central du changement est la création de l'article 169-A, qui impose aux entreprises les obligations suivantes : (i) les entreprises doivent transmettre aux salariés le contenu des campagnes officielles de vaccination et les informations sur le VPH et les cancers du sein, du col de l'utérus et de la prostate, conformément aux directives du ministère de la Santé ; (ii) les entreprises doivent mener des « actions positives » pour sensibiliser aux maladies ; (iii) les entreprises doivent guider les travailleurs sur la manière d’accéder aux services de diagnostic dans le système de santé.
La loi ajoute également le § 3 à l'art. 473 du CLT, réitérant l'obligation de l'employeur d'informer activement le salarié de la possibilité de s'absenter du travail pour se soumettre à des tests préventifs contre le VPH et le cancer, sans déduction sur salaire.
Même si l’intention de la loi est positive, son application pratique soulève certaines questions. La loi a un faible coût de mise en œuvre pour une conformité de base et un impact potentiel élevé sur la santé publique. C'est génial. Utiliser la structure de l’entreprise pour diffuser l’information est une stratégie efficace pour atteindre une grande partie de la population adulte. La mesure s’aligne également sur les pratiques de responsabilité sociale des entreprises (ESG). Mais il existe un point d’attention et d’incertitude juridique : l’expression « promouvoir des actions positives pour sensibiliser » est vague. Il n’est pas clair si un simple courrier électronique suffit ou si des campagnes plus robustes sont attendues, avec des conférences et des événements. Ce manque de clarté peut générer une insécurité juridique, empêchant les entreprises de savoir si elles respectent pleinement la loi. De plus, les inspections peuvent interpréter la norme de différentes manières, créant ainsi un risque d'amendes.
Pour garantir le respect de la loi 15 377/26 et atténuer les risques, les entreprises doivent adopter une position proactive, en recommandant que cette politique intègre les calendriers sanitaires officiels, tels que Octobre Rose et Novembre Bleu. Cela démontre de la planification et de la proactivité. En outre, il est recommandé aux entreprises de diffuser les documents d'information produits par le ministère de la Santé et les services de santé des États et des municipalités, via de multiples canaux d'information, tels que les courriers électroniques, les tableaux d'affichage physiques et l'intranet. Et bien sûr, il sera essentiel de conserver une trace de toutes les communications et actions entreprises. Cette documentation servira de preuve du respect de la loi en cas d'inspection du travail. Il est également recommandé d'inclure des informations claires dans les manuels d'intégration des nouveaux salariés sur le droit aux absences payées pour les examens préventifs, conformément à l'art. 473 du CLT.
La loi 15 377/26 représente un progrès dans l'intégration de la santé préventive dans la routine des entreprises, avec le potentiel de générer des bénéfices significatifs pour la santé publique. Pour les entreprises, l’enjeu est d’aller au-delà du strict respect et de transformer l’obligation légale en une véritable politique de soin et de bien-être. Adopter un plan d'action clair et bien documenté est le meilleur moyen d'assurer la conformité et d'éviter les responsabilités sociales, notamment en matière d'inspection, tout en renforçant l'image de l'entreprise en tant qu'organisation socialement responsable.
*Leandro Castro est associé dans le domaine du travail chez Andrade Maia Advogados.