C'est la fin de l'année et tout le monde nous dit de nous reposer.
Pour ralentir. Refléter. Soyez reconnaissant.
Mais comment se reposer quand le monde ne cesse de venir pour vous ?
Je fais de la place à la douceur tout en vivant dans un climat politique qui semble tout sauf doux. Des attaques continues contre les droits reproductifs au refus discret du financement des soins et de la prévention du VIH, tout dans la situation actuelle est bruyant, épuisant et violent.
Cela est particulièrement vrai si vous êtes noir, queer, trans, à faible revenu, malade chronique ou si vous vivez avec le VIH.
Tandis que d’autres publient des récapitulatifs de gratitude de fin d’année, certains d’entre nous essaient simplement de renouveler leurs ordonnances, de gérer leur charge virale et de naviguer dans des systèmes de santé qui ne prennent pas toujours en compte notre pleine humanité.
La vérité est que vivre avec le VIH a toujours signifié plus qu’un simple diagnostic. Cela signifie gérer votre bande passante émotionnelle tout en regardant les politiciens jouer à des jeux avec votre droit d’exister. Cela signifie se lever au travail tout en pleurant un autre ami qui n’a pas réussi. Cela signifie se présenter au cabinet du médecin, prêt à expliquer votre corps, encore une fois, parce que le système refuse de se souvenir de vous.
Il y a un chagrin qui vient avec ça. Une lassitude.
Pourtant, je crois à la douceur. C'est une résistance, un bouclier contre le bruit. Cela préserve qui je suis sous tous les rôles – avocat, directeur, étudiant.
Alors voici à quoi ressemble la douceur pour moi cette saison :
J'ai l'impression d'éteindre les informations lorsque ma poitrine se serre.
Cela revient à dire « non » aux réunions de famille épuisantes.
On dirait pleurer en pleine journée, sans s'excuser.
Cela ressemble à des marches lentes, des prières, des respirations profondes, des discussions de groupe et des siestes.
C'est comme si je me choisissais, même si le monde ne le fait pas.
Si vous êtes fatigué, vous n'êtes pas seul. Si votre année se termine dans une survie tranquille au lieu de joie, je vous vois. Si les nouvelles sont lourdes, les souvenirs forts ou l’avenir flou, respirez s’il vous plaît. Vous n'avez pas à prouver votre valeur.
Vous avez réussi.
C'est assez.
Ce n'est pas un blog de vacances, c'est un blog de jours fériés. C'est un petit autel de vérité pour ceux qui guérissent encore dans un monde qui ne cesse de blesser. Et j’espère que vous vous permettrez de vous adoucir, même dans les moments les plus difficiles.