Célébrée chaque deuxième samedi d'octobre, cette année le 11, la Journée mondiale des soins palliatifs, une initiative de l'Alliance mondiale des soins palliatifs (WHPCA), vise à sensibiliser à l'importance d'assurer la qualité de vie des patients à un stade avancé de maladies graves ou en phase terminale. En 2025, la campagne a pour slogan : « Réaliser la promesse : accès universel aux soins palliatifs ».
Cette date met également en lumière un sujet sensible et de plus en plus discuté : l’orthothanasie. La suspension de traitements futiles ou disproportionnés pour les patients en phase terminale est autorisée depuis 2006 par une résolution du Conseil fédéral de médecine (CFM) et ne constitue pas un délit, pour autant qu'elle respecte des critères éthiques et juridiques, comme le consentement du patient ou de sa famille.
Le président de l'Anadem (Société brésilienne de droit médical et de bioéthique), Raul Canal, souligne l'importance de sensibiliser les gens à ce sujet. « L'orthothanasie doit être comprise comme un droit du patient et un devoir éthique du médecin. Il ne s'agit pas de raccourcir la vie, mais de respecter son cours naturel et de garantir la dignité jusqu'au dernier moment. Il est essentiel que la société comprenne que permettre la mort sans souffrance inutile est aussi une forme de soin », déclare-t-il.
Dans un rapport de 2020 de la WHPCA avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Brésil fait partie de la catégorie des pays où l'offre de soins palliatifs est isolée. Le pays dispose d'une Politique Nationale de Soins Palliatifs (PNCP) qui pose les bases de l'organisation des soins palliatifs dans le réseau de santé.
Le ministère de la Santé promeut également le programme « Mieux à domicile », qui offre des soins à domicile aux patients nécessitant une attention continue, évitant les hospitalisations prolongées et favorisant le confort et le rétablissement dans le milieu familial.
Raul Canal défend également l'inclusion de davantage de services de soins palliatifs dans le réseau public, la formation des équipes et une plus grande sensibilisation de la société à l'orthothanasie. « Il est nécessaire de définir des objectifs de couverture clairs, de garantir un financement continu et d'inclure l'orthothanasie comme un élément essentiel de ce processus. Sans cela, nous continuerons à voir des patients soumis à des traitements disproportionnés et des familles confrontées à l'angoisse de décisions difficiles sans soutien. L'État doit assumer son rôle en garantissant non seulement le droit à la vie, mais aussi le droit à une mort digne », a-t-il ajouté.
Anadem suit le débat sur l'orthothanasie et la différencie de l'euthanasie. En juin dernier, les députés français ont approuvé un projet de loi autorisant l'euthanasie. Au Brésil, la pratique de l'euthanasie active reste interdite et est considérée comme un crime d'homicide, conformément à l'article 121 du Code pénal. L'institution souligne les limites de l'autonomie des patients au Brésil, notamment face à une population vieillissante et à une augmentation des maladies chroniques et dégénératives.