L’avancée de l’inflation médico-hospitalière, combinée à des ajustements insuffisants des plans de santé, a placé le réseau hospitalier privé sous une forte pression financière et a mis en évidence les faiblesses structurelles du modèle de soins de santé complémentaires au Brésil. Bien que les crises spécifiques des opérateurs prennent de l'importance, c'est au sein des hôpitaux que la facture du système finit par déborder, compromettant la capacité d'investissement, le maintien des services et l'expansion des lits.
Des cas récents, comme celui d’Unimed Ferj, confronté à un endettement élevé et à des négociations complexes avec les prestataires, mettent en lumière un problème qui dépasse le simple opérateur. Pour l'Union des hôpitaux, cliniques et maisons de santé de la municipalité de Rio de Janeiro (SindhRio), ces situations constituent un avertissement sur le déséquilibre entre l'augmentation des coûts des soins de santé et la rémunération pratiquée dans le secteur. « La crise apparaît chez l'opérateur, mais l'impact le plus profond retombe sur les hôpitaux. C'est nous qui maintenons le service opérationnel, même face aux retards, aux contrats obsolètes et aux coûts qui dépassent largement les ajustements autorisés », déclare Guilherme Jaccoud, président de SindhRio.
Selon le syndicat, les dépenses en fournitures médicales, en médicaments, en énergie, en technologie, en conformité réglementaire et en masse salariale ont augmenté continuellement, alors que les réajustements des régimes ne suivent pas cette réalité. Cette inadéquation compromet la viabilité financière des unités et commence déjà à avoir des effets concrets sur l'aide. « Lorsque l'hôpital fonctionne à sa limite financière, la conséquence directe est une réduction de capacité. Moins de lits disponibles, le report des investissements et la difficulté de maintenir des services très complexes impactent directement la prise en charge des patients », prévient Jaccoud.
SindhRio défend également que le débat avance dans le domaine de la régulation. Pour l'entité, il est essentiel que l'Agence Nationale Complémentaire de Santé (ANS) prenne en compte l'ensemble de la chaîne complémentaire de santé lors de l'élaboration des règles et politiques du secteur. « Il n'y a pas de plan de santé sans hôpital fonctionnel. Tout modèle réglementaire qui ignore la pérennité du réseau de prestataires met en danger l'ensemble du système », souligne le président du syndicat.
Jaccoud renforce la nécessité d'un dialogue structuré entre le régulateur, les opérateurs et les prestataires pour discuter de contrats plus équilibrés, de critères d'ajustement compatibles avec l'inflation médico-hospitalière et de mécanismes garantissant la prévisibilité financière des hôpitaux. « Sans cet ajustement, les crises comme celle que nous connaissons ont tendance à se répéter, avec des conséquences directes sur les patients et sur la santé complémentaire elle-même », conclut le président de SindhRio.