Santé mentale des personnes en service : comment réduire la surcharge

Par André Servaes

Ceux qui regardent de l’extérieur ne voient souvent que le prestige de la profession médicale. Cependant, quiconque vit au quotidien connaît le poids de la routine avec de longues heures, des nuits blanches et des décisions critiques à chaque minute. Cependant, lorsque la journée de travail se termine, un autre marathon commence : celui de la bureaucratie.

Émettre les factures, calculer les impôts, organiser les reçus, contrôler les horaires… Tout cela repose sur les épaules de la personne de service, qui arrive à la fin du quart de travail épuisée physiquement et émotionnellement. Le résultat est une charge supplémentaire qui augmente l’usure et menace la qualité de vie.

Une étude publiée cette année dans Revista FT révèle que le syndrome d'épuisement professionnel affecte de manière significative les professionnels de la santé au Brésil, en particulier dans le scénario post-pandémique. La recherche, basée sur des articles publiés dans les bases de données Lilacs et SciELO, identifie les horaires de travail excessifs, les emplois multiples et les conditions de travail inadéquates comme principaux facteurs de risque. Selon l'enquête, les professionnels résidents présentaient des taux allant jusqu'à 50 % du syndrome.

Le scénario devient encore plus alarmant compte tenu d’une étude publiée par le BMJ en 2024, qui montre que les femmes médecins sont confrontées à un risque de suicide 76 % plus élevé que la population générale. La recherche révèle également que les médecins de sexe masculin sont 41 % plus susceptibles que les hommes de la population générale, ce qui montre que la profession médicale présente un risque constant.

Une grande partie de ce stress ne vient pas seulement de la pratique médicale elle-même, mais aussi du manque de soutien en dehors de l’hôpital. La bureaucratie financière est un ennemi silencieux de la santé mentale. Lorsqu’un médecin passe des heures le matin à organiser des documents fiscaux ou à essayer de comprendre si ses impôts ont été correctement payés, il n’investit pas ce temps dans ce qui compte vraiment : se reposer, profiter de ses loisirs ou passer du temps avec sa famille.

D’où l’importance de la technologie en tant qu’alliée. Simplifier la vie financière des personnes en service, automatiser les factures, centraliser les paiements et calculer les impôts instantanément sont des soins nécessaires à la santé mentale. Les médecins ont besoin de solutions pratiques, accessibles, adaptées au rythme de leur routine, pour pouvoir consacrer leur énergie à ce qui compte vraiment : prendre soin des gens.

Apporter un soutien aux médecins en dehors de l’hôpital est aussi essentiel que toute innovation en son sein. Veiller à ce que ces professionnels aient moins de charge bureaucratique et une meilleure qualité de vie, c'est également investir dans la qualité de la médecine au Brésil.


*André Servaes est PDG de Selvia.