90 % des femmes ne recherchent des informations sur le cancer du sein qu’après avoir détecté des symptômes

Le cancer du sein est le deuxième type de cancer le plus répandu chez les femmes au Brésil, juste derrière le cancer de la peau autre que le mélanome, selon l'Institut national du cancer (INCA). Et les chiffres pourraient être encore plus alarmants : une étude récente du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) souligne que les cas de maladie pourraient augmenter de 38 % et les décès de 68 % d'ici 2050. Dans ce scénario, la prévention et le diagnostic précoce sont les principales armes pour changer cette statistique.

En plein Octobre Rose, un mouvement mondial de sensibilisation à la maladie, Doctoralia, une plateforme qui met en relation les patients et les professionnels de santé, a analysé 3 936 questions posées par des femmes dans la rubrique Demandez à l'expert entre 2013 et 2025. L'enquête a révélé que 90 % d'entre elles ne recherchent des informations qu'après avoir détecté un symptôme, comme des bosses ou des douleurs. Seulement 10 % des questions portent sur la prévention.

Parmi les principales préoccupations des femmes figurent : le diagnostic (44 % des questions), les symptômes (32 %), les peurs et l'anxiété (25 %) et le traitement (26 %). Le mot « douleur » apparaît dans 29 % des questions, suivi de « normal » (23 %) – indiquant une recherche de réconfort – et de « nodule » (11,7 %).

Pour Flávia Soccol, responsable des soins aux patients chez Doctoralia, les données révèlent une opportunité importante pour changer les comportements. « Nous constatons qu'une grande partie des femmes viennent encore sur la plateforme à la recherche d'un professionnel ou d'informations, après avoir trouvé quelque chose d'inhabituel sur leur corps. Cela montre que nous devons passer d'un modèle réactif à un modèle préventif, dans lequel l'éducation sanitaire et la sensibilisation aux examens de routine sont des priorités. Une information qualifiée et l'accès à des professionnels sont essentiels pour réduire la peur et encourager une prise en charge constante de soi, pas seulement en octobre », affirme-t-il.

Dans une analyse comparative du profil général des doutes, les femmes privilégient la confirmation du diagnostic (34 %) suivie de l'interprétation des symptômes (32 %). Contrairement aux hommes, l’approche féminine est davantage centrée sur le diagnostic et exprimée émotionnellement, recherchant à la fois des informations médicales et un soutien émotionnel.

Le mastologue Thais Businaro renforce l'importance d'un diagnostic précoce. « Lorsque le patient arrive avec une question sur une grosseur ou une douleur, nous sommes déjà dans une phase d'alerte. Idéalement, une prise de conscience devrait se faire en amont, avec des consultations régulières et des examens préventifs. La mammographie, par exemple, est indispensable pour détecter les tumeurs à un stade précoce, lorsque les chances de guérison sont plus grandes », explique-t-il.

Un autre fait curieux issu de la recherche concerne le comportement face aux campagnes de sensibilisation. Bien qu'octobre soit le mois officiel de sensibilisation à la maladie, novembre enregistre 23 % de questions supplémentaires sur le cancer du sein sur la plateforme. Cela suggère que les campagnes génèrent une prise de conscience en octobre, mais que la conversion en doutes et la recherche d'aide n'ont lieu que le mois suivant.

Le mastologue souligne la nécessité de maintenir le sujet sous les projecteurs au-delà d’Octobre rose. « Les campagnes sont importantes pour donner de la visibilité au problème, mais les soins de santé du sein doivent être continus. Il est inquiétant de voir que de nombreuses femmes ne demandent de l'aide que lorsqu'elles ont déjà identifié quelque chose qui ne va pas. Nous devons démystifier l'idée selon laquelle nous ne devrions consulter un médecin que lorsqu'il y a des symptômes. Un suivi régulier sauve des vies », souligne Thais.