De nouvelles normes améliorent la prise en charge du cancer du sein dans le réseau privé

Un récent sondage, auquel ont participé environ 500 spécialistes du sein œuvrant dans le réseau privé de santé, révèle que le délai entre la demande initiale de tests et la réalisation de l'intervention chirurgicale chez les femmes atteintes d'un cancer du sein dépasse 60 jours. Selon l'évaluation de la Société brésilienne de mastologie (SBM), cet intervalle dépasse les limites considérées comme critiques pour le pronostic oncologique. Dans le but d'optimiser les ressources et les coûts, de réduire les délais diagnostiques et thérapeutiques, d'augmenter la fréquence des opérations de reconstruction mammaire et, par conséquent, d'augmenter les chances de survie et d'améliorer la qualité de vie des patientes, l'entité vient de présenter à l'ANS (Agence nationale complémentaire de santé) une proposition de changements qui vont vers une réglementation visant à améliorer la ligne de soins pour la maladie dans le réseau privé, qui dessert actuellement près d'un tiers des patientes atteintes d'un cancer du sein au Brésil.

La commission SBM, représentée par le président Guilherme Novita, la secrétaire générale Carolina Argolo et Ruffo Freitas-Junior, conseiller spécial de la présidence, a rencontré Wadih Damous, président de l'ANS, et le secrétaire général Francisco D'Angelo.

Lors de la réunion au siège de l'ANS, à Brasilia (DF), les représentants de la SBM ont présenté le document Plan de travail proposé : Amélioration de la ligne de soins contre le cancer du sein (ICD-10:C50) en santé complémentaire. « Le président Wadih Damous a accueilli très favorablement nos propositions et nous a suggéré d'élaborer des suggestions de changements dans la réglementation des patientes atteintes d'un cancer du sein dans les soins de santé complémentaires à court terme, puisque les discussions sur l'agenda réglementaire sont ouvertes », explique Novita.

S'appuyant sur une enquête réalisée auprès d'environ 500 mastologues travaillant dans le réseau privé de santé, le document réalisé par la SBM révèle que le délai moyen de délivrance des examens anatomopathologiques atteint 14 jours. Pour les résultats immunohistochimiques, il faut compter 17,5 jours, et environ 19,6 jours pour réaliser les examens complémentaires nécessaires au stade du cancer du sein. Compte tenu de l’enchaînement de ces étapes de diagnostic, le délai peut dépasser 45 jours.

Après la conclusion de l'enquête diagnostique, souligne Guilherme Novita, il y a un nouveau délai pour l'autorisation des interventions chirurgicales par les opérateurs sanitaires. L'enquête indique que le délai moyen pour autoriser les interventions chirurgicales est de 14 jours ouvrables, et jusqu'à 18 jours ouvrables lorsque du matériel spécial est requis. « En pratique, la somme de ces intervalles peut dépasser 60 jours, ce qui peut compromettre le pronostic oncologique », précise le président de la SBM, rappelant que 36,4% des cas de cancer du sein dans le réseau privé représentent des stades avancés de la maladie.

Un autre point pertinent présenté à l’ANS dans le document concerne la reconstruction mammaire après mastectomie. Bien que la législation brésilienne garantisse ce droit aux patientes atteintes d'un cancer du sein, l'enquête montre qu'environ 25 % des patientes subissant une mastectomie dans le cadre de soins de santé complémentaires, même sans contre-indications cliniques, ne subissent pas de reconstruction mammaire. «Cette réalité peut avoir un impact psychologique important, compromettre la qualité de vie et, dans certains cas, décourager les patients d'accepter un traitement chirurgical», réfléchit-il.

Pour améliorer l'offre de soins du cancer du sein dans le réseau privé de santé, la SBM regroupe sa proposition en quatre thématiques.

Le premier sujet suggère que la période d'autorisation pour les interventions chirurgicales chez les patients atteints de la CIM-10:C50 et de la CIM-10:D05.1 puisse aller jusqu'à 10 jours ouvrables, en remplacement de ce qui détermine la résolution normative (RN) 566/2022, avec des modifications dans les RN 623/2024 et RN 638/2025.

Le deuxième point demande l'autorisation immédiate de réaliser un examen immunohistochimique en cas de biopsie et de résultats pathologiques confirmant un carcinome invasif (ICD-10:C50) et un carcinome canalaire in situ (ICD-10:D05.1).

Le troisième thème suggère le développement d'une ligne de soins pour les patientes atteintes de néoplasie maligne du sein (ICD-10:C50 et ICD-10:D05.1) qui permette le suivi et la supervision, en considérant un délai maximum entre le diagnostic et le début du traitement de 60 jours, prévu par la loi n° 12 732/2012 ; délai maximum de 30 jours pour réaliser des examens complémentaires après le diagnostic (loi n° 13 896/2019) ; et la réalisation d'une chirurgie de réparation mammaire immédiate en cas de mutilation résultant du traitement du cancer du sein (loi n° 15 171/2025) et comme déterminé par l'ANS dans la liste des procédures et événements sanitaires, à l'annexe I du RN 465/2021.

Dans le quatrième point, la proposition met en avant la mise en place d'une coopération institutionnelle entre l'ANS, les sociétés médicales et les opérateurs de santé pour développer des politiques de soins fondées sur des données probantes.

La volonté de la Société Brésilienne de Mastologie de collaborer techniquement à la construction et à la mise en œuvre de ces stratégies de santé complémentaire, selon les mots du président Guilherme Novita, « renforce l'engagement institutionnel pour améliorer les soins aux femmes brésiliennes ».