Les données de l'Association brésilienne de médecine diagnostique (Abramed) — qui regroupe les entreprises responsables de plus de 85 % du volume des tests effectués en santé complémentaire — indiquent que le taux de positivité pour la dengue au Brésil est inférieur aux prévisions pour ce début d'année. Jusqu'à la deuxième semaine de janvier 2026, l'indice se situe autour de 9,4%. En 2025, sur la même période, le taux était de 17,7 %.
La lecture des données consolidées des laboratoires jusqu'à la 3ème semaine de janvier 2026 montre que la moyenne mobile des cinq dernières semaines pointe toujours vers une tendance baissière, traduisant une baisse spécifique enregistrée fin décembre.
Dans le même temps, les semaines les plus récentes indiquent déjà une reprise de la positivité, se rapprochant des niveaux traditionnellement observés à ce stade du calendrier épidémiologique.
Malgré le scénario initial plus favorable, Abramed prévient que, historiquement, la deuxième semaine de janvier représente généralement un tournant, précédant l'augmentation des cas de dengue. Une surveillance au cours des prochaines semaines est donc considérée comme essentielle.
Selon le pathologiste clinicien Alex Galoro, responsable du comité technique d'analyse clinique d'Abramed, le moment nécessite de faire preuve de prudence lors de la lecture des données.
« Le taux de positivité reste inférieur à ce que nous observons normalement en janvier lorsque nous analysons la moyenne mobile. Cependant, les données les plus récentes montrent déjà une reprise après une baisse spécifique, conformément au comportement historique du début de l'année. Par conséquent, un suivi attentif dans les semaines à venir est essentiel », déclare Galoro.
Un scénario initial favorable n’exclut pas le risque d’une hausse dans les prochains mois
Toujours selon l'expert, des facteurs tels que des actions préventives plus intenses, une plus grande sensibilisation du public et le début de stratégies de vaccination contre la dengue dans certaines municipalités brésiliennes peuvent contribuer à expliquer les comportements observés au cours des premières semaines de l'année. Néanmoins, la dynamique de la maladie reste fortement associée aux facteurs climatiques et environnementaux.
« La dengue présente un schéma bien défini, lié au régime pluviométrique, à la température et à la circulation du vecteur. Un début d'année avec un taux de positivité plus faible n'exclut pas la possibilité d'une croissance soutenue dans les semaines suivantes », explique le pathologiste.
Le diagnostic de laboratoire est essentiel pour la surveillance épidémiologique
Pour Abramed, le scénario renforce l’importance d’une surveillance continue soutenue par la médecine diagnostique, notamment dans les moments de transition épidémiologique.
« Les données de laboratoire fonctionnent comme un thermomètre quasiment en temps réel de la circulation du virus. Elles permettent d'identifier à l'avance les changements de comportement, d'étayer les décisions de santé publique et d'orienter plus précisément la pratique clinique », souligne Galoro.