Le programme de santé scolaire élargit l’accès au SUS et réduit les inégalités

Une enquête nationale sans précédent a révélé que le Programme de Santé Scolaire (PSE) s'est consolidé comme un lien fondamental entre les écoles publiques et le Système de Santé Unifié (SUS). L'initiative élargit l'accès des enfants et des adolescents aux soins de santé et contribue à relever des défis tels que la vaccination, la santé mentale, la grossesse chez les adolescentes et la santé bucco-dentaire.

Le Programme de Santé Scolaire est une politique publique intersectorielle qui intègre les domaines de la santé et de l'éducation dans le but de promouvoir le développement intégral des enfants, des adolescents et des jeunes dans le réseau éducatif public. Créé par décret en 2007, le PSE implique les gouvernements fédéral, étatiques et municipaux, coordonnant les activités des écoles publiques avec les équipes de soins de santé primaires (SSP). Ses actions couvrent la promotion de la santé, la prévention des maladies et les soins de santé en milieu scolaire.

Parmi les principales initiatives du programme figurent les activités éducatives, l'évaluation de l'état de santé des élèves, la vaccination, la promotion d'une alimentation saine, l'encouragement de l'activité physique, les soins de santé mentale, la prévention de la violence et l'encouragement de la participation des jeunes.

Coordonnée par la chercheuse de Fiocruz Brasília, Luciana Sepúlveda, avec le soutien du CNPq et du ministère de la Santé, l'étude s'est basée sur des entretiens et des analyses documentaires pour examiner l'action conjointe entre la santé et l'éducation dans différents contextes du pays et à différents niveaux de gouvernement. La recherche a identifié des avancées significatives, des défis persistants et des moyens de renforcer l'une des principales politiques publiques destinées aux élèves de l'éducation de base. La principale conclusion est que lorsqu’il existe une coordination efficace entre les secteurs, le programme fonctionne mieux et génère des résultats concrets dans la vie des étudiants.

Au cours du cycle 2023-2024, le PSE a enregistré une adhésion record : environ 99 % des municipalités brésiliennes ont participé à l'initiative, touchant plus de 99 000 écoles publiques et environ 24 millions d'élèves, soit l'équivalent de 65 % des inscriptions dans l'enseignement public du pays.

La région du Nord-Est s'est distinguée en atteignant un plus grand nombre d'écoles dans les zones prioritaires, soulignant le potentiel du programme pour réduire les inégalités. L'étude souligne également une augmentation des investissements fédéraux, portée par la création d'un indice de vulnérabilité, qui oriente davantage de ressources vers les territoires qui en ont le plus besoin.

Un autre résultat pertinent est le renforcement de l'intégration entre les écoles et les unités de santé de base (UBS). Dans neuf communes sur dix, les gestionnaires déclarent que cette coordination s'est améliorée après la mise en œuvre du PSE. Les écoles ont commencé à identifier les problèmes de santé des étudiants, à les orienter vers l'UBS du territoire et ainsi à faciliter l'accès des familles au SUS.

Selon les données, plus de 90 % des étudiants référés par le PSE se sont fait soigner dans le réseau public de santé. Ce résultat renforce le rôle du programme comme passerelle vers les soins et comme stratégie pour rapprocher les familles des services SUS, favorisant le suivi et la résolution des demandes identifiées en milieu scolaire.

Dans les territoires analysés, les gestionnaires ont signalé des impacts supplémentaires, tels qu'une augmentation de la couverture vaccinale, une réduction des grossesses chez les adolescentes, une réduction des extractions dentaires, la création de cliniques de santé mentale destinées aux étudiants, en plus de mener des actions culturelles et des pratiques intégratives dans les écoles. L'étude montre que l'EPS ne se limite pas à des conférences ou à des campagnes spécifiques, mais peut s'adapter aux besoins locaux et promouvoir des changements concrets.

Défis

Malgré les progrès, la recherche met en évidence des défis importants. L’un d’eux est la faible formalisation des groupes chargés de coordonner le programme dans les États et les municipalités. Dans de nombreux endroits, le PSE fonctionne grâce aux efforts et au dévouement de gestionnaires et de professionnels, mais il lui manque des structures institutionnelles plus solides.

Un autre point critique est la participation de la communauté scolaire. Même si les gestionnaires reconnaissent son importance, un peu plus de la moitié des municipalités affirment que les élèves, les enseignants et les familles participent aux décisions liées au programme. La recherche souligne que des syndicats étudiants actifs, à l’écoute des jeunes et une plus grande implication des familles peuvent renforcer l’EPS et la rendre plus efficace.

L’étude attire également l’attention sur un aspect sensible : les actions de promotion de la santé perdent encore de la place au profit d’initiatives plus traditionnelles, comme les campagnes de vaccination et les dépistages. Les projets qui impliquent l’ensemble de l’école, renforcent les liens et favorisent le bien-être collectif se heurtent encore à des résistances, tant parmi les professionnels que dans la société.

Les experts soulignent que l’intégration des études postsecondaires dans des initiatives telles que l’éducation complète, les écoles à temps plein et les projets communautaires peut contribuer à surmonter ces défis.

Pour Sepúlveda, le programme Santé à l'école démontre qu'il est possible de combiner santé et éducation pour faire face aux inégalités historiques. Malgré ses limites, en près de deux décennies, le PSE s’est consolidé comme une politique capable de mobiliser les écoles, les services de santé et les communautés.

La recherche conclut que renforcer la participation sociale, investir dans la formation et donner une plus grande visibilité aux expériences locales sont des voies fondamentales pour l'avenir du programme. « Dans un pays où apprendre et vivre sainement ne sont pas encore des droits garantis pour tous, le PSE reste un pont essentiel entre l'école, le SUS et la vie réelle des étudiants brésiliens », estime Sepúlveda. (Avec informations de l'agence Fiocruz)