Ma vie sociale avec la drépanocytose : pourquoi je suis calme, cool et serein

Je fais de mon mieux pour ne pas laisser la drépanocytose avoir un impact sur ma vie sociale, mais cela influence la façon dont j'interagis avec le monde. Je dois regarder à l’intérieur pour comprendre comment la drépanocytose affecte ma vie sociale. Quelle est ma personnalité et comment les autres me perçoivent-ils ? Réservé, calme et tranquille sont des adjectifs qui ont été utilisés pour me décrire à un moment donné, et ils sont exacts. Je sors généralement de ma coquille uniquement lorsque je suis avec des personnes avec qui je me sens à l'aise ou dans une situation en tête-à-tête. Je suis plus réservé en groupe et je passe au second plan par rapport aux autres.

On comprend pourquoi les gens me décrivent de cette façon. Je peux penser à d’innombrables exemples où j’ai affiché ces caractéristiques. Cependant, je me suis toujours demandé dans quelle mesure cela était dû à qui je suis et dans quelle mesure cela était dû à ma maladie chronique. Le stress physique, émotionnel et mental a tous un impact négatif sur mon corps. L'impact de ces stress influence la façon dont je gère ma vie avec la drépanocytose et la façon dont j'interagis avec les autres.

J'ai déjà mentionné comment une jeune version de moi croyait que l'excitation mène toujours à la douleur. Ce traumatisme m’a obligé à toujours essayer de contenir mon enthousiasme pour éviter une crise drépanocytaire. Le jeune enfant qui sautait partout à l’annonce de nouvelles passionnantes a grandi pour devenir un adulte qui attendrait qu’un événement se produise avant de montrer son enthousiasme.

En tant qu'adulte, j'apprends à exprimer davantage mon enthousiasme, même si ce que j'affiche physiquement à l'extérieur est souvent nonchalant, ce qui peut être perçu comme passif ou comme indifférent à ce qui se passe autour de moi. Je m'en soucie; Je suis très habitué à garder mes émotions sous contrôle. À l’âge adulte, j’ai découvert davantage de choses qui me passionnent et de responsabilités qui me poussent à sortir de ma zone de confort. Ces passions m'ont aidée à repousser les limites que j'avais imposées à mon enthousiasme.

J'ai tendance à être calme face aux choses parce que j'ai des émotions fortes. Cette affirmation ressemble à une contradiction. Cependant, je suis une personne tranquille et il m'est difficile de paraître dépassé ou stressé, car aucune de ces émotions n'est bénéfique dans la gestion de la drépanocytose. Je peux sentir mon corps réagir négativement lorsque j'éprouve de fortes émotions négatives.

Bien sûr, il est impossible de ne jamais se sentir dépassé ou stressé. En grandissant, je n'ai pas géré ces situations de manière saine, donc mes émotions montaient toujours à des niveaux explosifs, ce qui conduisait souvent à une crise. Maintenant, j'apprends à gérer ces émotions sainement pour éviter les répercussions potentielles sur ma santé.

Je parle doucement, parfois de manière agaçante. Du coup, on me demande souvent de répéter des choses et de projeter davantage ma voix. J'ai toujours pensé que c'était comme ça que je suis, mais je régresse encore plus après une crise. Il faut beaucoup d'énergie pour projeter ma voix et être fort, cela fait donc partie du mécanisme de défense émotionnelle que j'ai développé pour maintenir un statu quo calme.

Heureusement, je suis plus conscient et je fais de mon mieux pour parler. En tant que défenseur, mentor et leader, il est toujours impossible de parler doucement. Utiliser ces rôles pour m'aider à sortir de ma tranquillité m'a permis d'être plus ouverte et de partager ma personnalité.

Être réservé, calme et tranquille sont des aspects de ma personnalité. Il est indéniable que ma maladie chronique y a joué un rôle. Cependant, je peux être différent à ce stade de ma vie, car je suis plus conscient de la façon dont ma maladie chronique m’affecte. Je peux continuer à repousser les limites émotionnelles que je me suis imposées à cause de la douleur.

Embrasser toutes ces parties de moi permettra à ma vraie personnalité de transparaître lorsque je ne souffre pas. C'est pourquoi je chéris les moments où je peux faire quelque chose que j'aime sans douleur. J'apprécie grandement les nouvelles expériences, comme explorer de nouveaux endroits, rencontrer de nouvelles personnes, essayer de nouveaux aliments, etc. Chaque expérience est ancrée dans mon esprit pour me rappeler que j'ai vécu et que je continue de le faire.

En vieillissant, je veux que les souvenirs positifs, et non négatifs, aient la priorité dans ma vie. Je ne veux pas réfléchir à ma vie et penser uniquement à la drépanocytose et à la douleur. Je ne veux pas penser à ce que la drépanocytose m'a enlevé ou m'a affecté. Au lieu de cela, je veux revenir sur mes souvenirs de vie parce que j'ai appris à sortir de ma coquille.

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Crédit photo : John M Lund Photography Inc / DigitalVision via Getty Images