Le cancer de la prostate continue d'être l'un des plus grands défis auxquels est confrontée la santé des hommes au Brésil et dans le monde. Selon Globocan, du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/OMS), plus de 1,4 million de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année sur la planète, entraînant environ 397 000 décès par an. Au Brésil, l'Institut national du cancer (INCA) estime qu'il y a 71 730 nouveaux diagnostics par an. La maladie représente trois diagnostics de cancer sur dix chez les hommes, se consolidant ainsi comme, à l'exclusion du cancer de la peau autre que le mélanome, la tumeur la plus courante parmi la population masculine.
Les estimations révèlent d’importantes inégalités régionales. Le Sud-Est concentre plus de 34 000 cas par an, suivi du Nord-Est, avec environ 21 000 cas. Le Sud devrait en enregistrer 8 500, le Centre-Ouest environ 5 000 et le Nord plus de 2 000 nouveaux diagnostics chaque année. Des États comme Bahia (79 cas pour 100 000 hommes) et Espírito Santo (72 pour 100 000 hommes) ont les taux d'incidence les plus élevés, ce qui reflète non seulement la population et les facteurs génétiques, mais également les différences dans les capacités de dépistage et de diagnostic.
L’urgence d’un dépistage précoce
Malgré les progrès scientifiques et technologiques, le plus grand obstacle reste le diagnostic tardif. Le cancer de la prostate a tendance à progresser silencieusement. Selon le président de la Société brésilienne de chirurgie oncologique (SBCO), Rodrigo Nascimento Pinheiro, le dépistage à partir de 45 ans est essentiel, notamment chez les hommes présentant des facteurs de risque, tels que des antécédents familiaux et une ascendance noire. « Un diagnostic précoce permet un traitement curatif, souvent avec des techniques mini-invasives et de meilleurs résultats fonctionnels, comme la chirurgie robotique récemment intégrée au SUS », explique Pinheiro.
Il est recommandé que tous les hommes subissent une mesure du PSA (antigène spécifique de la prostate) et un toucher rectal chaque année à partir de cet âge. En cas de risque élevé, la surveillance doit commencer avant 45 ans. Un diagnostic précoce augmente non seulement les chances de guérison, mais réduit également le besoin de thérapies plus agressives, ce qui a un impact direct sur la qualité de vie et les coûts pour le système de santé.
Selon les données internationales du National Cancer Institute (USA), 69 % des cas sont détectés de manière localisée, ce qui garantit une survie de 100 % en cinq ans. Lorsque la tumeur a déjà métastasé, ce taux chute à 37,9 %, une différence qui illustre l'importance d'un diagnostic précoce.
Facteurs de risque et habitudes préventives
Le vieillissement est le principal facteur de risque du cancer de la prostate, étant la maladie la plus courante après 50 ans. D'autres facteurs comprennent les antécédents familiaux, la race noire, la sédentarité et l'obésité, cette dernière étant associée à une plus grande agressivité tumorale et à un risque de récidive. « En plus des visites régulières chez le spécialiste et des examens de prévention secondaire (diagnostic précoce), il existe des attitudes qui font la différence sur la santé dans son ensemble, qui sont de la prévention primaire, comme maintenir une alimentation équilibrée, réduire la consommation d'alcool, pratiquer régulièrement une activité physique et éviter de fumer », souligne le président du SBCO.
Traitements et importance de la planification multidisciplinaire
Le traitement du cancer de la prostate est défini en fonction du stade et de l'agressivité de la maladie, ainsi que du profil du patient. Dans les cas précoces, une surveillance active peut être adoptée, qui consiste à surveiller la tumeur sans intervention immédiate et est principalement indiquée pour les néoplasmes à faible risque.
Dans les tumeurs localisées, le traitement curatif implique une intervention chirurgicale et/ou une radiothérapie, tandis que dans les cas localement avancés, une combinaison de chirurgie ou de radiothérapie avec un blocage hormonal est recommandée. En cas de métastases, le traitement le plus indiqué est l’hormonothérapie, qui peut être associée à une chimiothérapie ou à de nouveaux agents antiandrogènes.
« Le chirurgien oncologue, ainsi que l'équipe multidisciplinaire, doivent individualiser le plan thérapeutique, en tenant compte des caractéristiques de la tumeur, du stade de la maladie et des conditions cliniques du patient », explique Pinheiro, renforçant le rôle d'intégration entre spécialités pour garantir de meilleurs résultats et une morbidité moindre.
Chirurgie robotisée au SUS pour les patients atteints d'un cancer de la prostate
Parmi les avancées les plus significatives en 2025 figure l’intégration, en octobre, de la chirurgie robotisée dans le système de santé unifié (SUS). CONITEC a approuvé l'utilisation de la prostatectomie radicale robotisée (RARP) pour les patients atteints d'un cancer de la prostate localisé ou localement avancé, marquant ainsi un nouveau niveau d'accès à la technologie oncologique au Brésil.
« L'arrivée de la chirurgie robotique au SUS représente une étape importante dans l'histoire de la chirurgie du cancer au Brésil. Nous parlons d'une technologie qui offre des résultats plus efficaces aux patients et qui sera désormais accessible à tous. Ce scénario renforce l'importance des politiques publiques visant à la prévention, au diagnostic précoce et, surtout, à l'élargissement de l'accès aux traitements de pointe », déclare Pinheiro.
La prostatectomie robotique est considérée comme plus précise et moins invasive que les techniques laparoscopiques ou ouvertes. Des études internationales démontrent un taux plus faible de complications périopératoires, une durée de séjour réduite, une meilleure préservation de la fonction urinaire et sexuelle, en plus d'une plus grande rentabilité lorsqu'elle est réalisée dans des centres à haut volume.
Outre le bénéfice clinique, l’adoption de cette technologie représente un pas en avant dans la formation chirurgicale nationale. « L'incorporation de la robotique dans le SUS crée un environnement d'apprentissage supervisé et réduit la courbe de formation, contribuant ainsi à la formation de chirurgiens hautement qualifiés », conclut le président du SBCO.