Par Luciana Rodrigues
Lorsque les tests génétiques conventionnels ne peuvent pas expliquer la cause d’une maladie, les nouvelles technologies élargissent les recherches sur l’ADN et ouvrent la voie à des réponses plus précises. Lors de l’investigation d’une maladie génétique, différentes méthodes de diagnostic sont utilisées pour répondre à différentes questions. Le séquençage de l'exome est capable d'identifier de petits changements dans l'ADN, tandis que les méthodes cytogénétiques, telles que le caryotypage et la matrice, recherchent des changements plus importants dans le nombre ou la structure des chromosomes.
Le défi se pose lorsque le changement responsable de la maladie se situe dans la structure du génome : une séquence qui a changé de lieu, a été inversée, dupliquée ou supprimée, par exemple. Certains de ces changements sont hors de portée des méthodes conventionnelles.
C’est dans ce contexte que la cartographie optique du génome (OGM) apparaît comme une alternative. La technologie analyse de très longues molécules d’ADN, préservant leur structure, ce qui permet de visualiser les changements structurels avec une résolution plus élevée et à l’échelle du génome. Ainsi, la technique identifie les changements qui contribuent à expliquer les cas restés non diagnostiqués après d’autres étapes de l’enquête.
Un nouvel outil pour enquêter sur les maladies rares
L’un des principaux potentiels des OGM réside dans l’investigation des maladies rares et des cas sans diagnostic défini. Dans une étude publiée en 2025, des chercheurs ont évalué des patients qui avaient déjà subi des tests de caryotypage, de matrice et d'exome sans trouver de cause à leur état clinique. OGM a identifié des changements structurels qui n'avaient pas été détectés auparavant, notamment des translocations et des délétions.
Pour les personnes qui ont parcouru un long parcours diagnostique, effectuant différentes étapes d’investigation sans pouvoir identifier la cause de leur maladie, la technologie ouvre un nouveau front d’analyse. L’objectif n’est pas de remplacer les méthodes génétiques existantes, mais d’élargir la capacité de diagnostic lorsqu’un changement structurel est suspecté et que les approches précédentes n’ont pas réussi à clarifier.
Également appliqué en procréation assistée
Les OGM trouvent également des applications dans l’investigation génétique des couples confrontés à l’infertilité, à des fausses couches récurrentes ou à des antécédents d’altérations chromosomiques sans cause claire.
Certaines personnes présentent un changement chromosomique structurel équilibré, tel qu'une translocation, sans montrer de manifestation clinique. Le problème peut apparaître au moment de la formation des gamètes, augmentant le risque de générer des embryons présentant des altérations chromosomiques et, par conséquent, d'infertilité, de fausses couches ou de maladies génétiques chez la progéniture.
Dans ces cas, l'OGM permet d'identifier des changements structurels qui n'ont pas été détectés par le caryotype et de délimiter avec plus de précision le point de cassure de l'ADN. Des études récentes ont démontré cette application chez les couples présentant des altérations chromosomiques cryptiques et des antécédents de problèmes de reproduction.
Cette technologie peut également être envisagée lorsqu’un couple présente à plusieurs reprises des embryons aneuploïdes lors de l’analyse PGT-A, en particulier lorsque l’ensemble des résultats fait suspecter une altération chromosomique structurelle. Ces informations contribuent au conseil génétique et à la planification de la reproduction.
De la science à la pratique clinique au Brésil
Il y a environ deux ans, lors de ma participation à l'American Society of Human Genetics (ASHG), j'ai suivi différentes présentations sur le potentiel des OGM dans l'investigation des maladies génétiques, en particulier chez les patients restés sans réponse diagnostique pendant des années.
Le contact avec l'évolution de la technologie et les résultats présentés au niveau international ont ouvert l'opportunité d'apporter cette possibilité à la pratique clinique brésilienne. Aujourd'hui, les OGM sont déjà disponibles au Brésil, élargissant ainsi les outils disponibles pour étudier les changements structurels du génome.
Pour les patients et leurs familles qui n’ont pas encore trouvé d’explication à leur état, la technologie représente une alternative supplémentaire dans la recherche d’un diagnostic. En génétique, une réponse plus précise peut aider à comprendre l’origine d’une maladie, orienter le suivi des patients, enquêter sur d’autres membres de la famille et appuyer les décisions concernant l’avenir.
*Luciana Rodrigues est surintendante des opérations et des affaires chez Dasa Genomics.