Par Benny Spiewak
Dans l’industrie des produits de santé, le débat sur la conduite des affaires avance rarement lorsqu’il reste dans le domaine de l’éthique en tant que concept ouvert.
Par conséquent, l'annonce du STF de donner la priorité à un code d'éthique est pertinente, mais tend à produire peu si elle n'est pas accompagnée de ce que le secteur de la santé a appris. Comme il est impossible de définir le concept de bon sens, il est impératif de réglementer et d’exiger l’enregistrement, une transparence vérifiable et une responsabilité cohérente de la part de ceux qui participent aux décisions qui, tout comme dans le domaine de la santé, ont un impact sur la vie et la société.
L'Exécutif fédéral a déjà adopté cette logique en matière de conflits d'intérêts dans la loi n° 12.813/2013, qui traite la question comme un risque institutionnel à prévenir et à gérer, au lieu de vouloir porter un jugement moral sur les intentions. Et le Conseil fédéral de médecine (CFM) est allé dans la même direction en promulguant la résolution CFM n° 2386/2024, renforçant les obligations de divulgation des liens et des conflits afin de protéger la décision technique.
Voici l’inévitable ironie. Dans l’écosystème de la santé, on se demande si un cadeau, une invitation à un café ou un calendrier peut contaminer les décisions cliniques. Dans le système judiciaire, où les décisions réorganisent les politiques publiques, les marchés et les attentes, l’idée selon laquelle les liens pertinents peuvent être traités comme une question de prudence individuelle, résolue par des auto-évaluations occasionnelles et une confiance dans la vertu, est encore tolérée dans certains cas. Ils ne le peuvent pas. Au Brésil, en 2026, discuter des normes ou des contours de l’éthique semble être une mission impossible, même pour le philosophe le plus optimiste.
Le secteur de la santé enseigne également que la transparence qui dépend uniquement de la bonne volonté a tendance à être intermittente. Lorsque l’obligation est objective, le canal est clair, le constat est simple et la conséquence est réelle, la conduite est organisée. Lorsque le système est vague, la règle devient négociable et le silence devient l’option la plus confortable. Ce n’est pas un hasard si les codes de conduite privés, les normes d’autorégulation et les politiques internes robustes sont devenus la norme dans les entreprises du secteur des produits de santé.
Si l’objectif est de préserver l’autonomie et la légitimité techniques, la voie la plus solide consiste à éloigner le débat de l’éthique et à l’inscrire dans une conduite professionnelle guidée par la transparence, l’égalité et les fondements techniques, avec des sanctions proportionnelles et une réelle application. Après tout, comme en santé, le papier accepte tout, ce qui ne l'accepte pas, c'est la réalité.
Dans cette optique, on espère que la construction d'un code d'éthique pour le STF, dans lequel la ministre Cármen Lúcia a été récemment choisie comme rapporteur, n'aura de valeur institutionnelle que si elle va au-delà des principes génériques et explique les limites, les devoirs, les critères objectifs d'action et les mécanismes de responsabilisation efficaces. Dans une Cour qui accumule un pouvoir croissant, l’incapacité à reconnaître les défauts et à les corriger, comme cela se produit avec les autres pouvoirs de la République, peut précisément compromettre la légitimité de ce qu’elle cherche à préserver.
*Benny Spiewak est titulaire d'une maîtrise en droit de la propriété intellectuelle de l'Université George Washington et est spécialisé en droit international. Partenaire de SPLAW Advogados.