Le plan pour doubler le contrôle des maladies chroniques au Brésil

Par Rebeca Schvartzburd

Le secteur de la santé complémentaire au Brésil semble avoir accepté une voie dangereuse : les coûts doivent continuer à augmenter alors que la perception des soins ne fait que diminuer. Chaque année, les entreprises et les particuliers sont confrontés à des ajustements qui asphyxient le budget, sous prétexte d'inflation médicale et d'accidents incontrôlés. Mais la vérité est que nous payons cher non seulement pour la technologie dans laquelle nous investissons ou pour les intrants sanitaires, mais aussi pour une désorganisation structurelle qui est très proche de la limite de ce qui est insoutenable et irréalisable. Et lorsque nous traitons des maladies chroniques, nous nous trouvons face à une logique systémique qui est de loin inefficace.

La grosse erreur de notre système est de se concentrer exclusivement sur la réaction. Nous avons été conditionnés à croire qu’avoir un bon plan de santé signifie avoir un guide avec des milliers de noms et la liberté de frapper à la porte de n’importe quelle salle d’urgence au moindre signe de douleur. Le résultat de cet « accès gratuit » est une fragmentation des soins de santé. Le patient se retrouve dans un océan de spécialistes qui ne se parlent pas, répétant des tests inutiles et, pire encore, laissant évoluer des maladies silencieuses faute d’une vision claire d’ensemble.

L’hypertension est l’exemple parfait de ce défaut. Cela ne fait pas mal, ne prévient pas et touche près d'un tiers des adultes brésiliens. Bien que le pays compte plus de 30 millions de personnes atteintes de la maladie, le taux de contrôle adéquat est alarmant : moins de 35 % des patients hypertendus sont capables de maintenir leur tension artérielle à des niveaux sûrs. Dans le modèle de soins actuel, ce patient n'apparaît généralement dans le système que lorsqu'il a déjà subi un problème grave, comme une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.

Et là, les calculs deviennent cruels. En 2025, les coûts hospitaliers ont dépassé 2,5 milliards de reais en hospitalisations pour crises cardiaques au Brésil, selon le magazine infirmier de l'UFPE. C’est une somme très élevée qui consomme le budget des entreprises et des opérateurs pour éteindre un incendie qui aurait pu être évité. Et ce récit ne se limite pas au système, il atteint également les patients, soit par des réajustements, soit dans une expérience fragmentée et non coordonnée, sans la sécurité nécessaire pour indiquer le meilleur parcours de soins.

Ce mois-ci, en plus de sensibiliser à l'hypertension, nous célébrons également des dates dédiées aux infirmières et aux médecins de famille. Pour beaucoup, ce ne sont que des hommages annuels sans grande importance. Mais pour ceux qui envisagent la santé de manière stratégique, ces chiffres représentent l'un des seuls moyens de sortir de la crise financière du secteur et d'accéder à des soins de meilleure qualité et plus efficaces. Le projet de loi sur la santé ne prend fin que lorsque l’on comprend que le contrôle d’une maladie chronique dépend des obligations et non de la bureaucratie.

Lorsqu'un médecin personnel et une équipe d'infirmières travaillent ensemble, le patient cesse d'être un numéro et commence à avoir un visage. L'infirmière surveille la vie quotidienne et veille au respect du traitement, tandis que le médecin ajuste l'itinéraire avant que la pression ne monte. Cette coordination est ce qui nous permet de briser la barrière du contrôle irrationnel. Si, selon le registre LHAR, publié dans les Archives brésiliennes de cardiologie, la moyenne nationale de réussite dans le traitement de la tension artérielle atteint à peine 30 % de ceux qui sont contrôlés, des modèles axés sur les soins rapprochés montrent qu'il est possible de doubler ou tripler cette efficacité.

Contrôler la santé de ceux qui sont déjà malades n’est pas seulement une question médicale, c’est une question de survie pour le marché. Le calcul est simple : c’est le gaspillage qui alimente l’inflation médicale. Mais il ne s’agit pas seulement d’aspects financiers. Le coût des soins de santé, c'est aussi la qualité de vie de chaque patient et sa satisfaction à l'égard des soins qu'il reçoit. La somme de ces deux facteurs ne laisse donc aucun doute : la coordination des domaines médicaux est la solution la meilleure et la plus efficace pour toutes les personnes impliquées.

Nous devons arrêter de mesurer la qualité d’un système de santé par la taille de sa liste de médecins et commencer à la mesurer par sa capacité à garder les gens hors de l’hôpital. La prévention n’est pas un concept romantique, mais plutôt la preuve mathématique que les soins rapprochés sont le seul modèle économique qui ait encore du sens. L'avenir des soins de santé ne réside pas dans le prochain examen coûteux, mais dans l'intelligence du syndicat des professionnels qui savent où le patient doit s'adresser pour obtenir le meilleur pour lui.


*Rebeca Schvartzburd est responsable des opérations cliniques chez Sami Saúde.