Lors de ma formation de thérapeute, j'ai appris des dizaines d'outils fondés sur des preuves pour gérer les troubles de l'humeur, comme la restructuration cognitive et la tolérance à la détresse. Mais vivre moi-même avec un trouble bipolaire m’a appris quelque chose de différent : connaître une compétence et avoir besoin d’une compétence ne sont pas la même chose.
Au fil du temps, j’ai découvert que certaines approches cliniques se traduisaient mieux que d’autres dans la vie quotidienne. La thérapie cognitivo-comportementale s’est avérée utile à bien des égards. Mais le cadre qui a changé le plus systématiquement la façon dont je gère mon trouble bipolaire était une intervention que je n'ai pas rencontrée en tant que thérapeute : la thérapie rythmique interpersonnelle et sociale.
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
La thérapie cognitivo-comportementale est extrêmement populaire et considérée comme une thérapie de référence en raison de son efficacité dans de nombreux troubles, notamment la dépression, l'anxiété et le trouble bipolaire.
J'utilise la TCC pour m'aider lors d'épisodes psychotiques, mais elle n'est pas utilisée de la même manière dans la psychose que dans d'autres troubles. Plutôt que de contester les fausses croyances comme étant fausses, j'ai appris à réagir différemment à ces pensées.
Cela m'a également appris à prêter attention à mes signes avant-coureurs. Je suis maintenant capable d'identifier les changements subtils qui se produisent avant un épisode maniaque, comme lorsque je commence à être vraiment irrité sans aucune raison. Je peux alors agir tôt, avant que les choses ne deviennent incontrôlables.
Mais voici quelque chose qui m'a surpris : les enregistrements de pensées et les exercices cognitifs que j'encourageais les clients à faire lorsqu'ils étaient déprimés me semblaient épuisants lorsque j'étais déprimé. Je comprends maintenant pourquoi beaucoup n’ont jamais donné suite. Ce qui m'a aidé pendant la dépression, c'était l'activation comportementale ou de petites choses comme simplement faire le tour du pâté de maisons.
Techniques de mise à la terre et pleine conscience
En tant que thérapeute, les exercices de pleine conscience faisaient partie de mes interventions préférées à recommander à mes clients. Et en tant que personne vivant avec un trouble bipolaire, ils m’aident énormément. L’un de mes exercices insensés préférés comprend la méditation en marchant, dans laquelle vous vous concentrez sur les sensations qui vous entourent pendant que vous marchez. Je trouve que cela m’aide à ressentir de la gratitude et de l’appréciation pour le monde naturel qui m’entoure.
Cependant, j’ai appris que la pleine conscience n’est pas universelle. Il existe de nombreuses formes différentes de pleine conscience, et toutes ne conviennent pas à tout le monde. Par exemple, lors d’une manie aiguë, de nombreux types de pratiques de pleine conscience doivent être adaptés pour être utiles. Dans ces moments-là, la pleine conscience fonctionne mieux lorsqu’elle est ancrée et structurée.
Rythmethérapie interpersonnelle et sociale (IPRST)
Je n'ai pas appris ni utilisé l'IPRST en tant que thérapeute. Bien qu’elle soit très efficace pour le trouble bipolaire, ce n’est pas un type de thérapie souvent enseigné aux thérapeutes.
Je l'ai découvert en faisant mes propres recherches sur le trouble bipolaire après avoir reçu mon diagnostic. J'ai appris qu'il est très efficace contre les troubles, j'ai donc décidé d'en apprendre davantage afin de pouvoir intégrer certaines compétences dans ma vie quotidienne.
L'IPSRT se concentre sur la stabilisation des rythmes quotidiens, comme ceux liés au sommeil, aux heures de repas et aux interactions sociales. Elle est basée sur la théorie selon laquelle l’humeur est liée aux rythmes circadiens ou à l’horloge corporelle de 24 heures.
J'ai commencé à suivre mes rythmes quotidiens. J'ai utilisé mon smartphone et ma montre pour établir un horaire quotidien cohérent de sommeil et de réveil. J'essaie de maintenir le même horaire de repas tous les jours (même le week-end). Et je planifie des sorties sociales régulières avec ma famille et mes amis.
Une partie de l’IPRST concerne le fonctionnement interpersonnel ou relationnel. J'ai appris que les changements dans mes relations peuvent discrètement déstabiliser mon humeur. J'ai appris à prêter attention à ces schémas afin de pouvoir intervenir plus tôt et protéger ma stabilité.
Pensées finales
Bon nombre des compétences cliniques que j'ai acquises à mes études supérieures et en tant que thérapeute m'ont véritablement aidé à gérer le trouble bipolaire. En parallèle, j'ai appris de nouvelles approches, comme la thérapie par le rythme interpersonnel et social, qui m'ont fourni des outils que je n'avais pas auparavant. Ensemble, ces stratégies m'ont aidé à construire un mode de vie plus stable avec le trouble bipolaire.