Idec : inégalités réglementaires après réajustement des régimes individuels

L'annonce de l'ajustement maximum de 5,11% pour les plans de santé individuels et familiaux, faite par l'Agence nationale complémentaire de santé (ANS), relance le débat sur les inégalités réglementaires qui existent sur le marché brésilien de la santé complémentaire. Pour l'Institut brésilien de protection des consommateurs (Idec), bien que l'indice représente une référence importante pour les consommateurs disposant de forfaits individuels, la mesure ne profite qu'à une minorité des bénéficiaires du secteur.

Actuellement, la majorité des utilisateurs sont liés à des contrats collectifs — d'entreprise, d'adhésion ou signés par des micro-entrepreneurs individuels (MEI) — qui ne sont pas soumis au plafond d'ajustement défini annuellement par l'ANS. Dans ces cas, les augmentations sont négociées entre les opérateurs et les personnes morales contractantes, ce qui aboutit souvent à des pourcentages plus élevés que ceux appliqués aux forfaits individuels.

« La divulgation de l'ajustement annuel des plans individuels met en évidence un problème structurel de la complémentaire santé brésilienne : des millions de consommateurs continuent d'être exclus des principales protections réglementaires garanties par l'ANS. En pratique, les utilisateurs des plans collectifs peuvent faire face à des augmentations beaucoup plus élevées, sans les mêmes mécanismes de contrôle et de transparence », explique Marina Paullelli, coordinatrice Santé à l'Idec.

Pour Idec, les impacts de ce scénario vont au-delà des budgets familiaux. Les données du panel de statistiques procédurales sur le droit à la santé du Conseil national de justice (CNJ) indiquent que les réajustements des régimes de santé comptent parmi les principales raisons de la judiciarisation des soins complémentaires. Jusqu’en avril 2026, le sujet occupait la deuxième place parmi les questions ayant généré le plus de nouveaux procès dans le secteur.

L'Idec prône une révision des règles applicables aux contrats collectifs, avec l'adoption de critères de réajustement plus transparents, de limites réglementaires protégeant les consommateurs contre les augmentations abusives et l'interdiction des ruptures unilatérales non motivées par les opérateurs.

« Il est essentiel que l'ANS progresse dans la correction des lacunes réglementaires qui affectent les régimes collectifs. Sans changements concrets, des millions de consommateurs continueront d'être exposés à des réajustements qui compromettent leur maintien dans les contrats et, par conséquent, leur accès aux soins de santé », explique Marina Paullelli, coordinatrice du Programme Santé Idec.