La facilitation des échanges améliore l’accès aux technologies de la santé

Par Davi Uemoto et Angélique Marques

L'intégration définitive d'Anvisa dans le Portail Unique du Commerce Extérieur (Pucomex) représente l'un des changements les plus structurels de ces dernières années pour les entreprises qui importent et exportent des produits soumis à une surveillance sanitaire. Des études menées par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) indiquent que la pleine mise en œuvre de l'Accord sur la facilitation des échanges (AFC) de l'OMC peut réduire les coûts du commerce mondial de 14,3 % en moyenne et augmenter les exportations mondiales jusqu'à 1 000 milliards de dollars par an, avec des avantages plus importants pour les pays en développement, comme le Brésil.

Le mouvement visant à numériser et à simplifier les processus douaniers s’aligne sur l’AFC, qui établit des lignes directrices en matière de transparence, de prévisibilité, d’automatisation et de gestion intelligente des risques. Pour le Brésil, la consolidation de Pucomex avec l'intégration complète de l'agence de régulation matérialise les engagements pris et ouvre la voie à une opération plus efficace et moins coûteuse, conforme aux normes internationales.

Cependant, l'adoption complète par Anvisa de la Déclaration Unique d'Importation (DUIMP), un nouveau document électronique qui remplace les précédents, est l'un des principaux livrables de Pucomex qui concentre, en un seul flux, toutes les informations et étapes nécessaires pour réaliser une importation. Le point central est désormais la gestion des risques, qui nécessite une attention particulière aux aspects critiques. Si elle est appliquée de manière trop conservatrice, avec la multiplication des canaux de paramétrage des importations, appelés jaunes et rouges, les impacts peuvent être graves : congestion des ports et aéroports, augmentation significative du stockage et des surestaries (une redevance facturée lorsque l'importateur ou l'exportateur met plus de temps que le délai contractuel pour restituer le conteneur à l'armateur) et, par conséquent, une augmentation du coût des produits qui arrivent sur le marché. L’expérience de 2016, lorsque les revendications généralisées de l’ex-Siscomex-LI ont provoqué un effondrement opérationnel, reste un avertissement.

Un autre débat pertinent concerne la possibilité future de diversifier les catégories de produits au sein d'un même DUIMP, ce qui reste limité par des problèmes technologiques et réglementaires. Pour le secteur des dispositifs médicaux, cette évolution signifierait des gains importants en termes d’efficacité logistique, d’économies de fret et d’une plus grande rationalisation des processus.

Nous pensons que la transition ne réussira que si elle s’accompagne d’un fort investissement dans la formation. Le manuel technique est indispensable, mais insuffisant : vidéos opérationnelles, contenus pratiques et formations continues sont indispensables pour que les entreprises s’adaptent correctement. De même, la formation des employés est essentielle pour garantir des analyses et des exigences uniformes strictement basées sur la législation.

Un point positif, pour l'instant, a été l'indication d'Anvisa selon laquelle il n'y aura pas de nouveaux changements dans les attributs du catalogue de produits à court terme. La stabilité réglementaire permettra aux entreprises de finaliser leurs inscriptions et d'effectuer des tests au DUIMP, se préparant ainsi adéquatement à l'obligation prévue pour mars 2026.

L'intégration d'Anvisa dans le portail unique a le potentiel de transformer le commerce extérieur brésilien, mais son succès dépend d'un équilibre délicat : préserver la sécurité sanitaire sans rendre irréalisable la fluidité logistique. Le secteur réglementé s'engage à contribuer techniquement pour que cette transition se déroule de manière sûre, efficace et conforme aux meilleures pratiques internationales. La facilitation des échanges n'est pas seulement un objectif douanier, c'est une politique stratégique de développement économique et d'accès aux technologies essentielles à la santé de la population.


*Davi Uemoto est directeur exécutif de l'Association brésilienne des importateurs et distributeurs de produits de santé (ABRAIDI) et Angélica Marques est consultante en commerce extérieur chez ABRAIDI et associée chez Star Consult.