La sensibilisation est saisonnière, la survie dure toute la vie

J'ai récemment dîné avec une de mes amies, qui a également survécu au cancer du sein. Alors que nous dégustions notre dim sum, nous avons commencé à parler de l’approche du Mois de sensibilisation au cancer du sein (MCSA). Je lui ai demandé si elle faisait quelque chose pour cela, et elle a répondu : « Cela ressemble à des vacances, mais que se passe-t-il si je ne veux pas les célébrer ? Le sentiment était réciproque pour moi.

J'ai appris que mes sentiments à l'égard de BCAM changent d'année en année. L’année dernière, comme je l’ai partagé sur mon blog Dear October, j’étais agacé par son arrivée. Je venais de subir une autre opération de reconstruction et j'étais bouleversée en pensant à tout ce que j'avais vécu.

Mon état d'esprit est différent cette année. Alors que j’ai encore une autre opération chirurgicale à l’horizon, je me sens indifférent au BCAM. Ne vous méprenez pas, ce n'est pas que je m'en fiche, mais plutôt que je suis confronté à cela depuis si longtemps que ces « vacances » sont devenues ma réalité quotidienne.

Au fil du mois d'octobre, j'ai à peine reconnu qu'il s'agissait de BCAM, en dehors de mes obligations professionnelles. Malgré cela, j'ai apprécié l'approche de mon organisation consistant à mettre en valeur les histoires de membres de notre communauté qui vivent avec un cancer du sein métastatique (MBC) – un groupe qui peut souvent être négligé, même dans la communauté des jeunes survivantes. J'ai apprécié la façon dont leurs voix étaient élevées. Tout le monde mérite que son histoire soit entendue et se sente vue, et je pense que nous avons fait un excellent travail pour y parvenir.

Même si je n'ai pas intentionnellement porté du rose tout au long du mois, il y a eu deux occasions spéciales où je l'ai laissé briller. Tout d'abord, ma colocataire à l'université s'est mariée et, en tant que membre de son cortège nuptial, je portais un sari rose qui me faisait me sentir comme une princesse.

Le week-end suivant, j'ai assisté au mariage d'un ami de la famille en République dominicaine et je portais une robe fuchsia. En parcourant mes photos de ces deux événements, j'ai réalisé que même si je n'avais intentionnellement choisi aucune de ces couleurs pour BCAM, c'était peut-être mon clin d'œil inconscient. Peut-être que ces touches de rose étaient ma façon de dire : « Je suis toujours là ». Pas de célébration, pas de protestation – juste de vivre. Et peut-être que ça suffit.

À la fin du mois, j'ai réalisé que la prise de conscience ne doit pas toujours être bruyante ou performative. Parfois, cela se retrouve dans les moments calmes – dans les amitiés qui nous rappellent que nous ne sommes pas seuls, dans le travail qui amplifie les histoires des autres et dans le simple fait de continuer à avancer.

Que je choisisse de porter du rose ou non, pour célébrer ou pour m'asseoir, j'honore toujours mon expérience. Chaque année apportera une relation différente avec octobre, et ce n'est pas grave. La sensibilisation est peut-être saisonnière, mais la survie dure toute la vie.