Par Alexandre Iscaife
Le traitement de l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) – une maladie qui touche des millions d’hommes, surtout après l’âge de 50 ans – connaît un moment de transformation. Ces dernières années, les techniques mini-invasives, connues sous le nom de MIST (telles que UroLift, Rezum, Aquablation, Embolization), ont gagné en popularité car elles promettent une récupération rapide et moins d'impact sur l'éjaculation.
Mais une question fondamentale commence à se poser parmi les experts et les patients : qu’est-ce qui fonctionne vraiment le mieux à long terme ?
Une vaste étude internationale publiée en 2026, basée sur plus de 420 000 procédures réelles, a apporté une réponse claire. En comparant différents traitements sur cinq ans, les résultats ont montré que dans les cas où la technique HoLEP (énucléation laser) était utilisée, une nouvelle intervention chirurgicale était nécessaire dans seulement 4,4 % des cas. Dans les cas de RTUP de la prostate, communément appelés « grattage », ce pourcentage s'élève à 7,1 % des cas. Et lorsque des techniques mini-invasives (MIST) sont appliquées, la nécessité de nouvelles interventions chirurgicales passe à 14 à 17 % des cas.
Une étude canadienne réalisée auprès de 1476 patients ayant subi un HoLEP et suivis pendant 18 ans a montré un besoin de réintervention de seulement 2,1 % après toute la période de suivi.
En pratique, cela signifie que les patients traités avec des techniques mini-invasives courent un risque 3 à 4 fois plus élevé de devoir recourir à une nouvelle procédure en quelques années.
En plus des réopérations, l'étude a identifié que les chances de devoir reprendre des médicaments pour la prostate ou la vessie étaient également beaucoup plus élevées dans le groupe MIST que dans le groupe HoLEP.
Pour ceux qui considèrent la décision comme quelque chose de « définitif », cette différence n’est plus un détail — et devient décisive.
La grande différence avec le HoLEP réside dans la manière dont il traite la maladie. Alors que les méthodes mini-invasives réduisent ou éliminent le tissu prostatique, HoLEP réalise l'ablation complète de l'adénome, en suivant un plan anatomique naturel de la prostate.
En pratique, cela se traduit par une moindre chance de repousse, un soulagement plus complet de l’obstruction urinaire, ainsi que des résultats durables au fil des années.
En termes simples, l’adoption de cette méthode non seulement améliore, mais résout le problème avec le plus grand risque de ne pas revenir.
Il est vrai cependant qu'à première vue, les MIST peuvent sembler plus attractifs, car les procédures sont en général plus rapides, la sortie médicale est également précoce et le caractère moins invasif au début.
Toutefois, les experts alertent sur un point souvent négligé : le coût dans le temps.
Lorsqu’une réintervention s’avère nécessaire, de nouvelles procédures entrent en jeu, une plus grande complexité chirurgicale (surtout après des implants ou des cicatrices) et, finalement, une augmentation du coût total pour le système de santé et pour le patient.
En d’autres termes, le traitement qui semble au départ « plus simple » peut devenir plus coûteux – et plus difficile – à l’avenir.
Ceux qui subissent des interventions sur la prostate sont également souvent soucieux de préserver leurs fonctions sexuelles. Les techniques mini-invasives tendent à préserver l'éjaculation de manière variable, mais toujours sans garantie, tandis que l'HoLEP, comme la TURP, entraîne des modifications de l'éjaculation dans 70 % des cas.
Mais le point important est le suivant : ni le HoLEP ni les MIST n’altèrent la fonction sexuelle, c’est-à-dire que l’érection, la libido et le plaisir/orgasme sont maintenus. C’est un point légitime – et important.
Le fait est qu’aujourd’hui, le débat sur l’hyperplasie bénigne de la prostate change d’orientation. Plus que la durée du séjour à l'hôpital et la rapidité de guérison, ce qui compte, c'est la durabilité du traitement, la nécessité (ou non) de nouvelles interventions chirurgicales et la résolution complète de l'obstruction.
Dans ce scénario, le HoLEP s’est imposé comme l’une des options les plus robustes.
Les progrès technologiques ont apporté davantage d’options, ce qui est positif. Mais cela a également rendu la décision plus complexe.
La principale critique des experts aujourd’hui ne concerne pas les méthodes mini-invasives en elles-mêmes, mais la manière dont elles sont souvent présentées : se concentrer sur les bénéfices immédiats, sans toutefois discuter clairement des résultats à long terme.
Pour le patient, le message est direct : avant de choisir un traitement, il est essentiel de comprendre non seulement à quoi ressemblera la guérison, mais aussi quelle sera votre santé urinaire dans quelques années.
*Alexandre Iscaife est urologue à l'Hospital das Clínicas et titulaire d'un doctorat de la Faculté de Médecine de l'USP.